La vie d'un boursier peut paraître idyllique : nourri, logé, blanchi, dans un pays agréable et efficace...
Néanmoins l'on échappe pas à quelques mésaventures qui vous gâchent un peu la vie. Allons-y dans l'ordre :
L'immigration office Pour moi, c'est un endroit pas très accueillant, dans un vieux bâtiment continuellement bondé.
La première fois que j'y ai été, en 2005 quand j'étudiais le coréen à Ewha, j'avais déjà fait fort en oubliant mon passeport dans la photocopieuse de la fac... Bon, OK, là c'était de ma faute.
Il y a quelques semaines, y a fallu que j'y retourne pour faire changer mon statut d'étudiante en langues à étudiante en master. J'emporte quelques documents dont j'aurai sans doute besoin, dont une attestation de boursier et un certificat d'admission que j'ai été chercher à Ewha. Arrivée sur place après une longue attente, une nana aimable comme une porte de prison me dit que primo, mon attestation de boursier n'est pas valide car elle mentionne Seoul National University alors que je vais étudier à Ewha, et secundo, le certificat d'admission que Ewha m'a délivré n'est pas valide non plus car il y manque un numéro important. En effet, quelques jours plus tard, je reçois un mail de Ewha annonçant qu'il y a eu une erreur et de demandant de passer au bureau pour y chercher le bon document. J'ai aussi reçu mon certificat de boursier mis à jour, et tout s'est arrangé avec une employée de l'immigration beaucoup plus aimable que l'autre.
Et il y a deux jours, j'ai également dû y retourner pour enregistrer mon changement de résidence. Comme la rentrée s'effectuera bientôt, il y avait toute un flopée d'étudiants internationaux venus faire établir leur visa. En prenant mon ticket, j'ai eu le plaisir de constater qu'il y avait 140 personnes avant moi. Je me suis dit "j'y suis, j'y reste", et j'ai passé trois heures à traîner dans le quartier, apprendre par coeur le Korea Herald, regarder comme une zombie les émissions idiotes qu'ils passaient sur un écran de télé en grignotant des crackers aux légumes... J'aurais tout aussi bien pu aller me faire faire une permanente et apprendre le russe... L'immigration office ferme normalement à 18h mais ils restent ouverts jusqu'à ce que toutes les personnes ayant un ticket soient passées. Quand mon tour est arrivé, le gars s'est mis à rigoler en me disant "t'as attendu trois heures rien que pour un changement de domicile ?". Eh oui. Et le pire, c'est qu'entre-temps, mon adresse a encore changé. J'en parlerai après.
Les inscriptions aux cours L'orientation à la GSIS de Ewha s'est très bien passée, comme je l'ai raconté dans une note précédente, mais la suite s'est un peu corsée... En effet, comme le gouvernement coréen n'a pas encore réglé nos frais d'inscription à l'université, nous n'avons pas pu recevoir nos numéros d'étudiants. Et sans ce sésame, pas moyen de se faire faire une carte d'étudiant, de s'inscrire sur le réseau en ligne du dortoir, de signer le code d'honneur (je garderai une attitude irréprochable, j'étudierai de mon mieux, je ne commettrai pas de plagiat, je ne convoiterai pas les biens et la femme de mon prochain...) et surtout de s'inscrire pour les cours. Quand on sait que le semestre commence le 1er septembre, on a un peu les boules... Notre inquiétude majeure, c'est que les classes auxquelles nous voulons nous inscrire soient déjà complètes. On nous a promis qu'on ouvrirait d'autres classes mais je n'y crois absolument pas. J'irai dès demain au bureau pour me renseigner là-dessus.
Le déménagement Grâce à mon père, son diable et sa camionnette, tout s'est à peu près bien passé. C'est juste que je me suis pris une petite amende dans mon one-room de la SNU car je n'avais pas bien fait le ménage (c'est un peu fort, quand je pense que j'ai retrouvé des fruits pourris dans l'évier quand moi-même j'ai emménagé) et j'ai oublié une paire de chaussures d'hiver au fond d'un placard, dont j'ai appris par la suite que la femme de ménage les a balancées à la poubelle.
Je suis restée deux jours chez mon père, qui, pour l'occasion, a mis les petits plats dans les grands, genre kalbi mariné ou soupe de poulet au ginseng, un régal ! On a aussi sorti le vin de glace du caribou qui a remporté tous les suffrages.
Et mercredi dernier, il a ressorti la camionnette pour mon emménagement à Ewha. Une fois arrivés dans le hall du dortoir, il n'a pas pu faire un pas de plus... Interdit aux hommes !! Je suis donc montée toute seule vaillamment avec mes tonnes de cartons sur mon diable. J'arrive dans la chambre où ma coloc vietnamienne est déjà là, qui m'aide gentiment à rentrer mes cartons. Elle m'annonce qu'elle n'a pas sorti ses affaires car elle a reçu un coup de fil lui indiquant qu'elle devait changer de chambre dans un autre bâtiment ce samedi. N'ayant pas reçu ce coup de fil, je me dis qu'il y n'y a aucun problème, et c'est parti pour le grand déballage ! Plus tard, lors de l'orientation, on apprend que plusieurs d'entre nous sont dans le même cas mais que si on n'a pas eu de coup de fil, ça devrait être bon. C'est alors que je me suis rendue à l'immigration office où j'ai poireauté trois heures pour faire enregistrer ma nouvelle adresse, y compris mon numéro de chambre que je croyais définitif. Et le vendredi soir, ma coloc reçoit un coup de fil du bureau du dortoir qui confirme son déplacement... ET LE MIEN !!! Je peux vous assurer que j'étais verte. J'ai passé une merveilleuse soirée à réempaqueter tout mon saint-frusquin dans des sachets en plastique ou en papier fort, car j'avais déjà déplié et rangé tous mes cartons, et pour les réutiliser, j'aurais eu besoin de gros scotch. J'ai passé mon samedi matin à faire l'aller-retour avec mes sachets en équilibre précaire sur un diable... Mais enfin, je suis définitivement installée !
Plusieurs affaires restent à présent en suspens... Ma nouvelle coloc coréenne qui doit arriver demain, mon numéro d'étudiante qui arrivera bientôt aussi, j'espère... Et j'espère également que je n'aurai pas à retourner à l'immigration pour faire changer mon numéro de chambre !!!
Ce sont de tout petits tracas, mais sur le moment ça m'a bien fait suer. Le point positif, c'est qu'après toutes ces mises au point de nouvelle étudiante, je devrais être tranquille pour au moins un an. Enfin, plus tard, j'en rigolerai.
Sans compter que le plus dur reste à venir, et que les cours de la GSIS seront certainement bien plus ardus que l'école de langue pour potaches de la SNU.
A suivre !